Quel budget dois-je prévoir ?

Quel budget prévoir à l’achat ?

Comme pour toute voiture, le budget essentiel reste le prix d’achat (ou le loyer dans le cadre d’un leasing professionnel ou privé). Il faut également tenir compte des taxes de mise en circulation et de circulation. La consommation du véhicule jouera évidemment sur le budget mensuel pour le carburant. Y compris pour les voitures électriques et hybrides rechargeables (voir question suivante). Enfin, il y a tous les frais d’assurance et d’entretien. Une voiture électrique dispose d’un moteur nécessitant moins d’interventions en cours de vie. Il reste toutefois les autres éléments mécaniques à surveiller, entretenir et éventuellement remplacer et réparer. N’oubliez pas non plus un poste budgétaire pour les pneus, et notamment les pneus hiver ou 4 saisons si vous devez pouvoir compter sur votre voiture à tout moment.

Quel budget pour la recharge ?

Le budget de recharge concerne uniquement les voitures hybrides plug-in et 100 % électriques, car ce sont les seules à posséder une batterie rechargeable via le réseau. Le prix de l’électricité pour les voitures électriques peut se montrer tout à fait raisonnable et même très compétitif par rapport aux voitures à moteur à combustion. À condition de charger un maximum chez soi, ou via des bornes gratuites. Sur la voie publique, les tarifs sont parfois très élevés. Ils peuvent dépendre du nombre de kWh chargés ou de la durée de la charge, ou un mix des deux. Le prix de l’électricité – à domicile, au travail ou en borne – dépend également de la vitesse et du lieu et de l’heure de la facturation.

Chez soi

La solution la moins chère est de recharger chez soi. Soit via une prise domestique ou, mieux (car plus rapide), via ce qu’on appelle une wallbox, c’est-à-dire une borne spécifique installée par un professionnel. L’électricité qui sera injectée dans votre voiture dépendra du prix au kWh de votre facture d’électricité. Il suffit de le multiplier par le nombre de kWh qui seront injectés dans la batterie de votre voiture. Notez que si votre voiture possède une batterie de 20 kWh à recharger à 100 %, il vous en coûtera en réalité 24 kWh, car on estime que les pertes par échauffement atteignent environ 20 % (batterie et câblage). Le prix de l’électricité en Belgique est assez cher comparé à la France par exemple. On peut tabler sur un prix du kWh de 0,25 €/kWh à 0,30 €/kWh tout compris en tarif de jour et de 0,20 €/kWh en tarif de nuit. Les entreprises peuvent obtenir des contrats avec un tarif préférentiel, de l’ordre de 0,20 €/kWh. Attention: en 2022, le régulateur flamand passera à un tarif variable avec des suppléments lors de pics. Et la charge de votre voiture pourra provoquer un pic, et donc un surcoût. La Wallonie et Bruxelles pourraient suivre cette voie à l’horizon 2030.

Reste à voir combien de kilomètres vous effectuerez avec une charge complète. En général, pour une voiture électrique compacte, il faut tabler sur une «consommation» de 18 kWh/100 km. Ce qui signifie que 100 km vous coûteront 3,6 € ou 5,4 € selon que vous avez rechargé en heure pleine ou creuse. Sachez que toutes les voitures électriques disposent aujourd’hui d’horloges intégrées qui permettent de démarrer une charge lorsque l’électricité est la moins chère.

Comment réduire sa facture d’électricité ?

Il est évidemment possible de réduire la facture d’électricité de votre voiture rechargée à domicile. Mais il faut alors installer des panneaux photovoltaïques ou une petite éolienne (plus chère et compliquée) et, éventuellement, des batteries locales de stockage qui vous permettront de stocker l’énergie produite par votre propre installation. Attention qu’une batterie locale a une capacité de 10 kWh. Ce qui signifie qu’il en faudra donc probablement plusieurs. De plus, en chargeant régulièrement sa voiture à domicile, on profitera d’une autonomie optimale pour éviter de charger sur des bornes. Ce qui permet de belles économies sur le budget annuel et, lors de longs trajets, peut largement compenser le prix demandé aux bornes le long des autoroutes et des grands axes.

Les bornes gratuites

Il existe parfois la possibilité de recharger gratuitement sa voiture électrique. C’est le cas chez quelques enseignes comme Ikea, Delhaize ou Lidl par exemple, qui offrent ce service à leurs clients. En revanche, Colruyt exigera la présentation d’une carte de paiement spécifique liée à son réseau DATS.

Les bornes payantes

Les opérateurs mettant à disposition des bornes publiques sont nombreux. Les bornes publiques sont évidemment les points de charge les plus onéreux, car vous payez à la fois l’outil et la vitesse de recharge. Ces bornes fonctionnent souvent en courant alternatif, ce qui signifie que la plupart d’entre elles sont limitées à 22 kW. Il existe également des bornes plus puissantes fonctionnant en courant continu – de 50 à 150 kW –, mais elles sont typiquement réservées aux aires d’autoroute dans le but de repartir le plus rapidement possible. Toutes les voitures électriques ne sont pas encore prêtes à accepter ces puissances de recharge. Mais pas de panique: dans ce cas, la borne modulera automatiquement la puissance de recharge en fonction de la capacité de votre automobile. Les prix? Ils seront 3 fois plus élevés dans le cas de bornes publiques «alternatives» et parfois jusqu’à 6 fois plus élevés pour les bornes en courant continu d’autoroutes (source: VAB). De plus, il faut généralement un compte auprès de l’opérateur pour activer la borne et le paiement de la charge. Il existe heureusement des solutions, via carte ou appli pour smartphone, compatibles avec la plupart des opérateurs. La recharge via ces bornes publiques doit donc surtout être envisagée avant tout comme une solution de dépannage. Notons qu’en Flandre, il existe une initiative intéressante: «Paal volgt wagen» (www.paalvolgtwagen.be) qui permet aux personnes qui ne disposent pas de garage de demander l’installation gratuite d’une borne de recharge à proximité de chez eux. Ils devront bien sûr payer l’électricité à l’opérateur de la borne, mais cela permet en tout cas aux propriétaires de voitures électriques de disposer d’une borne, au pire, à quelques centaines de mètres de leur domicile.

Ionity

Le réseau Ionity se développe, en particulier, sur les autoroutes, pour offrir des charges (super)rapides aux véhicules équipés d’un chargeur Combo CCS. Le coût dépendra de la marque du véhicule et des abonnements. En utilisant l’application Ionity, le tarif est de 0,79 €/kWh. Un «plein» coûte donc quasi aussi cher qu’avec une voiture thermique, à autonomie comparable. Toutefois, les marques ayant des accords avec le consortium, et moyennant parfois un abonnement, le tarif peut descendre à 0,29 €/kWh. Si vous comptez utiliser régulièrement votre voiture électrique pour des trajets sur autoroute, il est donc important de bien se renseigner sur la possibilité de profiter de ces tarifs préférentiels.

Les Superchargers de Tesla

L’un des gros avantages de Tesla réside bien entendu dans son réseau de Superchargers qui maille toute l’Europe et qui permet aux propriétaires de se déplacer partout rapidement. La puissance des Superchargers est actuellement de 125 kW à 250 kW. Si, au départ, les Superchargers étaient gratuits, ils sont devenus payants. Certaines Model S et Model X, commandées avant le 2 novembre 2018, bénéficient de 400 kWh (environ 1.600 km) de crédit annuel pour l’utilisation des Superchargers. En cas de dépassement de ce plafond de crédit, des frais standards seront appliqués. Tesla est très transparent avec son réseau de Superchargers: le prix au kWh est consultable sur le site Internet et fixé actuellement à minimum 0,28 €/kW. Ce qui reste franchement raisonnable. Toutefois, il peut toutefois varier (du simple au double) en fonction de la durée de la charge et du partage ou non de la borne. Ainsi, si la vitesse dépasse 60 kW, le tarif peut être doublé. Il y a également une facturation à la minute si le véhicule reste branché sur la borne et la monopolise au-delà du temps de charge. Notons que toutes les Tesla antérieures à 2017 disposent de la recharge gratuite à vie via les Superchargers (un avantage qui n’est plus transmissible de propriétaire en propriétaire).