Quelle voiture verte pour mon usage ?


Il est clair que toutes les voitures vertes ne sont pas destinées aux mêmes usages. Il faut donc la choisir en réfléchissant bien à ses besoins, ses priorités et son budget.

L’hybride autorechargeable

L’hybride autorechargeable est la solution la plus simple et la moins onéreuse pour une automobile. Elle est particulièrement conseillée pour ceux qui font de la ville où qui sont souvent dans les files le matin pour venir travailler (navetteurs). Dans ces conditions d’utilisation, la batterie et le moteur électrique peuvent se substituer entièrement au moteur thermique (à essence ou Diesel) pour quelques centaines de mètres, voire 3 à 4 km, de sorte que consommation et émissions s’en trouvent fortement réduits. Bien utilisée, une hybride autorechargeable égale d’ailleurs la consommation d’un Diesel.

J’achète

  • Je suis navetteur
  • J’habite en ville
  • Mon budget est limité
  • Consommation réduite

Je n’achète pas

  • Volume de coffre parfois réduit
  • Attelage souvent limité ou interdit
  • Pas (encore) d’avantages fiscaux

L’hybride rechargeable (plug-in)

La batterie des hybrides rechargeables peut, comme le nom l’indique, être rechargée sur le secteur. De plus forte capacité que celle des autorechargeables, leur batterie leur permet dès lors de parcourir, selon les cas, de 20 à 40 km uniquement à l’électricité et ce parfois jusqu’à des vitesses autoroutières. Il s’agit d’une solution pour ceux qui habitent en ville par exemple, mais qui doivent régulièrement effectuer de longs trajets autoroutiers (200 km ou plus). Ces hybrides rechargeables sont aussi utiles lorsque les autorités locales limitent l’accès au centre-ville, par exemple en cas de pics de pollution. Elles y sont donc souvent acceptées au contraire des hybrides autorechargeables même si les autorités n’ont évidemment aucun moyen de constater que l’utilisateur recourt effectivement au mode électrique. Attention toutefois aux tarifs plus élevés de ces voitures. Il faut aussi les recharger aussi souvent que possible pour qu’elles prennent tout leur sens économique et environnemental. Cela dit, leur bilan écologique reste discutable, car on additionne à peu de choses près le coût global (production, utilisation et recyclage) d’une voiture thermique et d’une électrique.

J’achète

  • Je dois souvent faire de longues distances
  • J’ai besoin d’un accès illimité aux centres villes (LEZ)
  • Puissance élevée
  • Fiscalité avantageuse
  • Consommation réduite

Je n’achète pas

  • Prix élevé
  • Bilan écologique discutable
  • Volume de coffre parfois réduit
  • Durée de vie des batteries lithium-ion?

Les voitures électriques

Actuellement, l’offre en matière de voitures électriques est encore assez limitée. Mais elle s’enrichit rapidement. Aujourd’hui, le marché de l’électrique n’atteint que 0,5% des immatriculations en Belgique, mais là aussi les choses pourraient évoluer compte tenu des décisions politiques qui seront prises dans un avenir proche. De leur côté, les constructeurs commencent à proposer des capacités énergétiques de batterie plus grandes, synonymes d’autonomie accrue. Certains modèles électriques peuvent aujourd’hui parcourir jusqu’à 400 km. A condition toutefois de ne pas faire beaucoup de trajets autoroutiers, car alors, les périodes de régénération sont quasi inexistantes. Les avantages de la voiture électrique sont plus nombreux qu’on ne le croit. Citons l’influence immédiate sur la qualité de l’air que nous respirons car en roulant une voiture électrique ne rejette aucun polluant, le silence total de fonctionnement et l’incitation à rouler plus sereinement, de manière plus responsable qu’avec une voiture thermique. Essayez, vous verrez, on se prend vite au jeu! En outre, le spectre de la «panne sèche» n’est plus aujourd’hui un obstacle, car l’électronique vous indique précisément s’il faudra recharger sur votre trajet et où se trouvent les bornes de recharge sur votre itinéraire. Certes, faire le plein ne se fait pas en trois minutes, mais là aussi les temps de recharge se réduisent sans cesse grâce à des puissances de plus en plus élevées. C’est en particulier le cas chez Tesla où les Superchargers accessibles à des tarifs très intéressants (voir gratuitement pour les propriétaires d’avant 2017) offrent désormais jusqu’à 250 kW de puissance. Cela dit, il suffit d’être organisé pour ne pas sentir ces effets de la recharge sur votre vie quotidienne. Quand on sait qu’une voiture passe plus de 80% de son temps à l’arrêt, on se dit que c’est tout à fait possible. Sauf si on habite en appartement ou dans une habitation sans possibilité d’installer une borne à domicile. Question prix, les voitures électriques sont encore chères, mais la Flandre offre toujours des primes à l’achat pour les particuliers tandis que la déductibilité fédérale pour les indépendants et entreprises sera encore de 100% à partir du 1er janvier 2020 (contre 120% précédemment). Bref, la voiture électrique mérite qu’on s’y intéresse beaucoup plus qu’actuellement.

J’achète

  • Parcours urbains et périurbains
  • Silence et quiétude
  • Effet bénéfique sur les rejets polluants
  • Réseau de recharge de plus en plus étendu

Je n’achète pas

  • Je ne roule que sur autoroute
  • Technologie encore chère
  • Autonomie (fonction de modèles)
  • Temps de recharge à anticiper
  • Je n’ai pas de garage ou de place privée

Les voitures à hydrogène

Les voitures à hydrogène sont une autre forme de voiture électrique. Simplement, elles tirent leur électricité d’une pile à combustible intégrée dans la voiture et qui transforme l’hydrogène en électricité. Principal avantage: une autonomie comparable à celle d’une voiture thermique classique et un plein qui se fait lui aussi en quelques minutes. Revers de la médaille: la manière de produire de l’hydrogène est aujourd’hui très carbonée, de sorte que l’intérêt écologique de ces modèles s’en trouve réduit par rapport à une voiture électrique à batteries. Les voitures à hydrogène ne seront dès lors vertes que – et comme pour les voitures électriques – si l’hydrogène est fabriqué à partir de sources renouvelables. Ce qui commence à se mettre en place. Mais il existe d’autres contraintes: l’hydrogène dont les molécules sont très petites nécessite l’utilisation des matériaux coûteux pour les réservoirs (souvent en carbone) tandis que cette technologie oblige aussi à utiliser beaucoup d’énergie pour le stockage d’un carburant qui doit être maintenu sous forte pression à des températures négatives. L’offre des voitures à hydrogène est aujourd’hui réduite à deux modèles sur notre marché et leurs prix sont très élevés, autour des 80.000 €. En outre, le plein ne peut s’effectuer que dans une poignée de stations-services, ce qui rend à l’heure actuelle la formule peu envisageable. Comme pour les voitures électriques, primes (en Flandre) et déductibilité fiscale sont d’actualité.

J’achète

  • Autonomie
  • Rapidité de recharge
  • Accès illimité (LEZ, etc.)
  • Fiscalité avantageuse

Je n’achète pas

  • Réseau de distribution presque inexistant
  • Offre limitée
  • Bilan énergétique global peu intéressant
  • Prix très élevé
  • Valeur de revente?

Les voitures CNG

Encore trop peu répandue, la solution du gaz naturel s’imposera probablement comme une évidence à moyen terme. Il faut dire que le gaz naturel (qui n’est pas du LPG) possède des avantages en termes de pollution et de rejets de CO2, d’autant plus qu’il peut être aussi produit de manière complètement renouvelable, par recyclage des boues d’épuration notamment. Les avantages environnementaux du CNG sont nombreux: réduction de 70% d’émission de particules fines, de 90% des oxydes d’azote et de 10 à 30% des émissions de CO2, coût au litre (ou au kg) inférieur à celui du Diesel ou de l’essence, autonomie du véhicule presque doublée grâce à la présence du réservoir à essence, pas d’interdiction d’accès aux parkings souterrains, etc. Bref, le CNG semble avoir de beaux jours devant lui, d’autant que le gouvernement fédéral envisage de le privilégier dans la fiscalité. Plus avancée sur le sujet, la Flandre lui accorde déjà des avantages. Naturellement, toute solution possède aussi des désavantages, comme une diminution du volume de coffre mangé par le réservoir supplémentaire de CNG, mais aussi un prix d’achat aussi élevé que celui d’un Diesel. Cela dit, le réseau d’approvisionnement est de plus en plus étendu, ce qui signifie qu’il n’est plus problématique de ravitailler (sauf dans les provinces de Liège et de Luxembroug). Mais de toute façon, il reste le réservoir à essence.

J’achète

  • Solution aussi autoroutière
  • Réseau de distribution en développement
  • Coût à l’utilisation
  • Impact sur les rejets polluants et CO2
  • Facilité d’utilisation et de ravitaillement

Je n’achète pas

  • Prix d’achat plus élevé
  • Coffre souvent amputé (réservoir)
  • Certains pays avec peu (France) ou pas (Royaume-Uni) de stations CNG